MORFLER : Verbe qui a deux significations :
- Recevoir une correction physique : "S'il continue à me chercher, il va morfler ce gros con!"
- Vieillir de manière rapide et visible : "T'as pas l'impreseeion qu'il a morflé depuis 2 ans ?"

MéFI : Expression signifiant ATTENTION : "Ralentis un peu, tu vas griller tous les feux du Prado. Et puis, mèfi, y a souvent les condés dans le coin. Y vont t'empéguer et tu vas morfler."

Bombasse :
Sert à désigner de manière familiaire une belle fille "qui jouerait à la bombe"."Qué bombasse cette fille !"

S'escagasser :
Ce terme signifie "se donner du mal, s'epuiser". "Putain, je vais pas m'escagasser plus longtemps à t'expliquer comment tu dois t'y prendre avec les hommmes !"

Bazarette : Du provençal basaruta, " jacasser ". Par rapport à barjaquer, c'est le concept de prolixité qui est ici prépondérant. Indiquer qu'une bazarette est atteinte de logorrhée profuse constitue en soi une redondance facile.

Bois : (Dans la locution " en bois "). " Mais qu'est ce qu'y fout ce gardien en bois ? " " Qu'est-ce que c'est encore ce plan en bois ? " Attention, un plan en bois n'a rien à voir avec une planche bien plane. Un plan en bois est plutôt un plan raté...

Estrasse: Vieux chiffon tout minable. Par extension désigne aussi une personne négligée. ça vient du Provençal "Estrassaïre" signifiant clochard, SDF.
Ex : Jète moi cette estrasse

Pèguer : coller.
Ex : Jai de la résine sur les doigts, ça pègue.


Fada : Substantif et adjectif Provençal formé sur fàdo, la fée. A l'origine, être qualifié de fada était plutôt flatteur, c'était simplement être quelqu'un de différent (habité par une force surnaturelle et bienveillante). Mais son évolution l'a orienté vers une acception dévalorisante. Un fada, c'est un fou, un déséquilibré. Le féminin est " fadade ".
Ex : " celui-là, ne l'écoute pas, c'est un fada ! "

Niasquer (se) : Verbe pronominal du parler populaire : se saouler.
Ex : " A la fête du quatorze Juillet, ils se sont niasqués comme pas deux ! "

S'engatser :
Ce verbe a le sens de "s'enerver, s'emporter". "Allez Marius, t'engatse pas, je vais t'expliquer !"
Estoumagade :
Désigne une frayeur, une peur panique qui prend à l'estomac. "Jamais je me suis pris pareille estoumagade !"

Dégun : Pronom Provençal indéfini qui se traduit par "personne" ".
Ex : " hier soir, on est allé au cinéma, y avait dégun ! "

Destrùssi : Nom masculin Provençal qui signifie " destructeur ". S'emploie pour les enfants à qui rien ne résiste.
Ex : " Cet enfant, il ne peut pas garder un jouet, c'est un destrùssi de première ! "
Bouléguer :
Ce terme signifie se bouger, se remuer, se secouer: "Boulègue-toi mon collègue, la vie te paraîtra moins laide"
Dans les lotos de fin d'année, il s'emploie aussi par celui qui tourne les numéros.

Cagagne ou cagarette :
Ce terme désigne une "diarrhée" : "Les moules avec moi, c'est tout bon pour la cagagne !".
Au sens figuré, il signifie la malchance "Avec tout ce que je chope comme cagagne cette année, je suis pas prêt de jouer au Loto !"
A Marseille, on écrit le français, on comprend la français, mais on ne PARLE pas le français ; jamais, ô grand jamais, on ne s'aventurerait à parler " pointu ", comme on dit ici " ça marque mal " ! C'est un registre réservé aux Parisiens, ces grands nordiques envahisseurs qui se prétendent de La Capitale (à Marseille, le Nord commence au dessus d'Avignon).
Depuis la disparition de l'empire Romain, la langue parlée sur nos terres était le Provençal (qui a succédé au latin) - autant dire que ça ne date pas d'hier ! - ce jusqu'à ce que ces môssieurs de Paris, soucieux d'harmonie (ou d'hégémonie) obligent les enfants Provençaux à parler le Français de France ; c'était pas hier mais presque: c'était au début du siècle. Alors, les Marseillais apprivoisèrent peu à peu, avec beaucoup de malice, cette " nouvelle langue venue d'ailleurs " avant d'en faire la leur. A court de vocabulaire, ils ont du " marseilliser " un grand nombre de mots venus de Paris, " franciser " des tournures grammaticales Provençales, ou encore, transformer carrément la signification initiale d'un mot. Il est nécessaire d'ajouter que le Provençal n'est pas et n'a jamais été un patois, il s'agit d'une langue à part entière, qui s'est constitué une grammaire quand le Français, encore balbutiant et hésitant n'avait encore établi que des lexiques (c'est à dire des équivalences de mots latins avec des mots plus ou moins semblables dans les différents dialectes du nord : les langue d'oïl) . Le Marseillais, qui est une " façon de parler " assez récente (malgré les apparences) découle donc de deux langues distinctes et codifiées : Le Français " académique " relativement fixe à partir du XVIe siècle et le Provençal, l'une des plus anciennes " lingua materna " (c'est à dire langue gallo-romane), ce n'est pas, à proprement parler, une " déformation " du français moderne, mais plutôt une " adaptation ".
L'écriture de cette langue est plus simple que le français : on prononce toutes les lettres (comme dans la plupart des langues romanes dont l'Espagnol ou l'Italien). Tout ici est dans l'accent qui peut être à la fois tonique, tendre, gouailleur, amusé, claironnant
l'accent écrit est mis sur la voyelle à appuyer, c'est on ne peut plus simple : par exemple, gàrri, se prononcera " gààaari ", balètti se dira " balèèètti "
Généralement, les mots issus directement du Provençal ou de l'Italien seront accentués sur l'avant dernière syllabe (comme l'illustrent les deux exemples précédents) ; les mots français " marseillisés " seront accentué, comme tous les mots français, sur la dernière syllabe mais lorsque celle-ci est un " e " muet comme ils l'appellent là haut, le Marseillais aura tendance à le souligner et l'accentuer plus encore, de plus, le Marseillais n'aimant pas les rencontres de certaines consonnes, il les sépare avec une voyelle, qui se trouve être souvent le fameux " e ", comme dans le cas de " peneu ". enfin, il faut savoir que les " o " sont toujours ouverts (sauf exceptions)et que le graphème " ai ", se prononce " é ", on ne rentre pas à la " mèson " mais à la " méson " et on ne dit pas " il me regardè " mais " il me regardé ".
Mais le mieux, c'est de se laisser porter par l'accent chantant des Marseillais, sans tenter de trop l'analyser, essayez, vous verrez, ça vient tout seul !
Après vous avoir donné rapidement l'historique de cette langue, je mettrai un ou 2 mots par articles édités dans les prochains.

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